Musiconis



La muse est un instrument à anche simple sur lequel se greffera parfois un sac à partir du 13e s.
Tous les instruments obéissent à un principe similaire : les notes sont émises par un ou deux tuyaux au bout duquel se trouve une lamelle, le plus souvent en roseau ou en sureau, qui vibre sur un socle cylindrique dont l’extrémité est bouchée. Les tuyaux à perce plus ou moins cylindrique sont perforés de trous permettant l'émission de plusieurs notes.
http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/cabdieumuses.pdf

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http://musiconis-dev.huma-num.fr/fr/fiche/1740/musicien-jouant-de-la-muse-7.html

On privilégiera l'emploi du terme muse à celui de chalumeau pour éviter toute confusion avec le chalumeau de l'époque baroque.

Les termes latins désignant les aérophones à anche ou à biseau sont souvent des synonymes. Il s’agit principalement de calamus, qui signifie roseau ; tibia, qui désigne étymologiquement l’os de la jambe (parfois utilisé pour fabriquer des flûtes) ; et fistula, qui désigne un tuyau. Il est donc difficile d’associer avec précision des caractéristiques organologiques (anche ou biseau) avec un terme précis. Certains auteurs proposent des définitions précises sans qu’elles puissent être généralisées. Isidore de Séville traduit l’aulos grec (instrument généralement à anche simple battante) par le terme fistula (Étymologies, lib. 3, cap. 20, par. 5-6), mais utilise également fistula pour décrire la constitution de la flûte de Pan (Étymologies, lib. 8, cap. 11, par. 82).
Calamus est à l’origine du terme français d’oïl chalemele (apparu au XIIe siècle), ancêtre du mot chalumeau, et qui désignera de façon stable un instrument à anche simple battante. Dès le Ve siècle, chez Martianus Capella, on trouve une description sans ambiguïté de la technique de jeu du calamus, le son étant produit avec une forte pression des lèvres (instrument à anche et non à biseau) :
pernix semiferi puella Panos
nam versa in calamos sonat loquaces,
quam dum forte deus premit labellis,
suspirat velut osculis canorem.
(Mart. Cap. De nuptiis Philologiae Mercurii, lib. 9, 916, voir ici)

La littérature du XIIe siècle voit également apparaître le mot muse, que les listes d’instruments situent clairement parmi les aérophones :
Qui ne fust as noces le jor.
Sonent timbre, sonent tabor,
Muses, estives et frestel,
Et buisines et chalemel.
(Chrétien de Troyes, Érec et Énide)
Il est intéressant de souligner que le terme latin musa (lat.), peut-être dérivé lui-même du français, est décrit par un auteur du XIIIe-XIVe siècle comme un instrument d’origine pastorale (fabriqué à partir du roseau). Cette description reflète la forte association des instruments à anche simple au contexte pastoral dans les représentations du XIIe siècle :
musica dicatur a musa, quodam simplicissimo instrumento, quod a pastoribus gregum circa mundi principium primo fuit inventum, et hoc de palustri harundine vel de calamo segetum erat factum, et pastores in hac musa propter diversam eius magnitudinem et longitudinem et foraminum impositionem perpendebant diversitatem tonorum.
(Ps.-Iohannes de Muris Summa musicae, cit. ici)


A pipe is a single-reed instrument. Beginning in the 13th century, a bag made of animal skin was sometimes attached to the instrument. All related instruments rest on a similar principle: notes are emitted by one or two tubes, at the end of which is a thin strip of reed or elder tree matter that vibrates on a cylindrical base whose end is blocked. The straight cylindrical tube(s) have several finger holes, thus allowing the player to play many different tones.

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Musiciens tenant une cloche, jouant de la muse, de la vièle et du cor, 12e s., sculpture sur pierre, voussure, extérieur, façade ouest, portail, Avy, Charente-Maritime, France Musicians holding a bell, playing the chalumeau, the vielle, and the horn, 12th century, stone sculpture, archivolt, exterior, western frontispiece, portal, Avy, Charente-Maritime, France